Le titre
La chanson a été enregistrée en mai 1967 à Londres. A cette époque, Jimi Hendrix s'intéresse, entre autres, à la numérologie: il considère que le chiffre 9est très puissant et symboliserait la réalité de Dieu sur terre, alors que le chiffre 6 représenterait la vie et l'amour. Le titre, par cette métaphore, laisse à penser que les réalités du monde pourraient être inversées.
Construction
On peut voir dans le déroulement de la chanson une symbolique propre aux aspirations de liberté de cette époque : le début bien structuré et ordonné symbolise leconservatisme et l'ordre établi. La fin de la chanson, de forme plus libre et plus fantasque, évoque la quête de liberté des années 60.
Texte
Le texte de la chanson développe cette idée et fait juxtaposer deux mondes qui s'opposent, celui des puissants conservateurs qui refusent l'évolution des années 60et celui de ceux qui aspirent à la liberté comme idéal.
Il fait également allusion aux phénomènes de société de l'époque : le psychédélisme et les hippies.
Les thèmes abordés et la vision autant poétique que psychédélique de la montagne qui s'affale dans la mer, ne sont pas sans rappeler la chanson Blowin' in the wind (1962) de Bob Dylan dont Jimi Hendrix admire l'écriture poétique et visionnaire ainsi que ses images métaphoriques.
Le même contexte est développé dans le film Easy Rider, film de Denis Hopper (1969) qui utilise également If 6 was 9 de Jimi Hendrix. Ce film est un "road movie" qui est devenu depuis l'emblème de la génération hippie des années 60.
Voix (voir exemple EFFETS)
Les sujets abordés dans cette chanson libèrentl'expression vocale de Jimi Hendrix surdes modestrès variés, dans la tradition du blues: voix chantée
ex1, ou parlée-chantée
ex2, voix parlée
ex3, chuchotée
ex4, rauque ou proche du cri
ex5, interjections
ex6, ricanements...
ex7
Paroles:
(Yeah, sing a song, brother)
ex2 If the sun refuse to shine,
I don't mind, I don't mind. Yeah.
If the mountains fell in the sea,
let it be, it ain't me. (Alright)
ex 3 'cause I got my own world to look through
and I ain't gonna copy you, yeah
ex4 Now if 6 turned out to be 9
I don't mind, I don't mind. (Alright)
If all the hippies cut off all their hair,
I don't care, I don't care. Dig
'cause I got my own world to live through
ex 5 and I ain't gonna copy you.
White collar conservative flashing down the street,
pointing their plastic finger at me,
they're hoping soon my kind will drop and die,
but I'm gonna mp3e my freak flag high, high.
ex 6 chorus
(wave on, wave on)
Fall mountains, just don't fall on me.
Go ahead on Mr. Businessman, you can't dress like me.
Nobody will know what I'm talkin' about. Traduction: (Chante ta chanson, mon frère)
Les conservateurs en col blanc qui se pressent dans la rue,
chorus
Les montagnes peuvent tomber, mais pas sur moi.
Personne ne sait de quoi je parle. J'ai ma propre vie à vivre
Un début bien structuré
dans un style moins dépouillé, est plus rythm' and blues avec un riff plus complet enrichi par des accords de la guitare qui ne double plus la voix, et la caisse claire
Si le soleil refuse de briller
Ca m'est égal.
Si les montagnes tombent dans la mer,
qu'il en soit ainsi, ça ne me concerne pas
Parce que je me vois dans mon propre monde
Et que je ne veux pas vous ressembler.
Maintenant, si le 6 se change en 9
Ca m'est égal.
Si tous les hippies se coupent les cheveux,
Je m'en moque
Parce que je vis dans mon propre monde
Et que je ne veux pas vous ressembler.
me montrent d'un doigt de plastique.
Ils espèrent que les types de mon espèce vont bientôt disparaître et mourir,
mais je vais faire flotter très haut mon étrange drapeau.
(flotter, flotter)
Cours toujours Monsieur l'homme d'affaires, tu ne peux pas t'habiller comme moi.
Je ne veux pas mourir quand ce sera mon heure.
Aussi laisse moi vivre comme je veux
Chante encore, frère; joue encore, batteur.
A. en Mib, à 0'13 débute le chant, dont la mélodie pentatonique (mib-solb-lab-sib-réb), à la façon d'un blues, est doublée par la guitare
ex2
B. Une deuxième phrase, à 0'41, dans une nuance plus forte caractérise le pont, donnant une ouverture harmonique, et qui ramène à A en MIb à 0'52
ex3
La reprise de cette structure,
ex4
Un rythme swingué ou ternaire
La batterie impose le ternaire (swing) presque dans toute la chanson ainsi que le riff générateur lui même. Toutefois la guitare et la basse glissent des phrases binaires qui donnent une superposition rythmique enrichissante
ex5.
A 1'33: Arrêt et 3ème couplet sur pédale de MI.
Liberté créative de la fin : la symbolique
Jimi Hendrix, créateur d'univers sonores, propose alors une musique où le mystère est accentué par les sonorités psychédéliques de la guitare : 1'51 improvisation de la guitare superposée à une basse volubile jouant en binaire
ex6
C'est à la fin de ce chorus qu'apparaissent les premiers bruits de pas, précédant le retour du riff de départ transformé rythmiquement à 2'55
ex7
A 3'03, le 4ème couplet s'efface progressivement devant l'improvisation de la batterie.
A 3'33, les bruits de pas se font plus distincts sur le riff persistant et la fin du texte déclamé.
A 3'55 la guitare reprend son improvisation sur une basse alternant tonique et dominante (mib-sib)
Cette dernière partie (improvisations successives, superpositions de rythmes), est plus proche du monde du jazz que de celui du rock.
A 4'08 (avec les bruits de bottes déjà entendus) apparaît une vocalise très douce qui va de la dominante à la tonique - Les glissandi de guitare précèdent la flûte indienne délirante (4'26) qui accentuent encore l'atmosphère psychédélique
ex8 :
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1. richard le 03/06/2008 à 18:12