L’œuvre et son contexte : PURPLE HAZE (Jimmy Hendrix)
Je rêve beaucoup et je mets beaucoup de mes rêves dans mes chansons, dit un jour Jimmy Hendrix, j'en ai écrit une que j'ai appelée Purple Haze après un rêve dans lequel je marchais sous la mer." Hendrix, un grand fan de science-fiction, s'est souvenu aussi d'une nouvelle de science-fiction de Philip José Farmer intitulée "Night of light" qui contient la phrase "the sky was clear but the stars seemed far away, blobs straining to pierce the purplish haze."
Jimi Hendrix: "Purple Haze parle de traverser un pays mythique, disons. J'aime écrire ce genre de choses. On pense toujours à la mythologie grecque mais on peut créer sa propre mythologie et faire de la fiction, du rock de science-fiction".
Chas Chandler, producteur de JH se souvient: "Hendrix commença à écrire la chanson l'après-midi du 26 décembre 1966, pour tuer le temps au Upper Cut Club (club londonien du boxeur Walker). Il a commencé à jouer le riff, et je lui ai dit "écris-moi la suite de ça!" C'est ce qu'il a fait.
Les détracteurs de Jimi Hendrix, quant à eux, ont vu en Purple Haze un hymne à la drogue et aux produits hallucinogènes.
- contexte : Mouvement hippie, Psychedelic Art, guerre du Viet Nam.
Le mouvement hippie nait aux États-Unis dans un contexte de contestation et de refus de l'ordre établi ; les manifestations contre la guerre du Vietnam et les émeutes noires dans les grandes villes américaines fédèrent une partie de la jeunesse. Mais cette génération née juste après la Seconde Guerre mondiale refuse aussi le conformisme et la soumission au pouvoir en place des médias et des artistes. Ils cherchent à fuir la société de consommation en mettant en avant les valeurs écologistes et égalitaires issues des philosophies orientales et primitives. Beaucoup de ces aspirations sont héritées des écrivains de la Beat generation qui sont souvent considérés comme les précurseurs du mouvement car eux aussi sont l'expression première de la rupture avec la société de masse. Une vie « à la cool » faite de sexe, de musique et de route. Une évasion hors de l'Amérique post-nucléaire (après 1945) et consommatrice bien-pensante, principalement sous l'influence du Jazz et du mouvement surréaliste dont les membres ont trouvé refuge à New York pendant la guerre. La technique du cut-up propre à Burroughs viendra directement de cette source, et plus généralement le goût de la prose spontanée dont Kerouac s'avèrera le meilleur représentant. Élève d'Alan Watts, introducteur de la pensée orientale à San Francisco, Gary Snyder, rejoint par Kerouac puis plus tard par Ginsberg, vont populariser la pratique de la méditation, et plus généralement du Tao et du bouddhisme zen. Peu à peu apparaît une nouvelle génération de chanteurs comme Bob Dylan ou The Doors qui représentent un nouveau genre musical, la protest song. Dès 1965, aux Pays-Bas, les Provos d' Amsterdam prônent la circulation en vélo. Ce mouvement de gauche invite chaque personne à peindre son vélo en blanc et à le laisser à la libre disposition des habitants ou organise des rassemblements contre le mariage de la reine Béatrix avec un ancien nazi. En France comme dans de nombreux pays, l'année 1968 voit fleurir la contestation de l'ordre établi dans les campus. En 1969, l'hebdomadaire Hara-Kiri est fondé, il se veut indépendant et provocateur.
La musique est un élément capital et fédérateur des adeptes du mouvement. Le mouvement hippie sécrète une esthétique complète, musicale d'abord (Grateful Dead, Jimi Hendrix, The Doors, Pink Floyd, Crosby, Stills & Nash (and Young), Jefferson Airplane…), avec les premiers festivals de la pop : Monterey, Woodstock, l'Île de Wight ; mais aussi picturale, théâtrale, etc. La musique des hippies puise son inspiration dans la country (Bob Dylan) ou le blues (Janis Joplin) mais peut aussi venir de beaucoup plus loin comme Ravi Shankar, joueur de sitar indien qui participa au festival de Monterey. La musique représente bien le mouvement par sa diversité, sa volonté d' ouverture aux différentes cultures et d' affranchissement des règles en vigueur. D'ailleurs, au début des années 90, la rencontre entre les derniers hippies de Goa et les djs internationaux, fans de musiques électroniques et issus, en partie, de la vague Acid house, a donné naissance à la Trance-Goa ou Trance psychédélique (Psytrance), régulièrement jouée, depuis en rave party.
Le LSD fut découvert en 1943 dans le laboratoire suisse Sandoz et sera déclaré illégal aux États-Unis le 6 octobre1966. L'esthétique psychédélique peut être assimilée aux visions provoquées par l'acide (autre nom du LSD). Le psychologue Timothy Leary, le chimiste Augustus Owsley Stanley III et le romancier Ken Kesey ont parmi d'autres encouragé la consommation de LSD. Notamment, à cette époque, de l'acide a été distribué gratuitement lors des fameux acid tests des Merry Pranksters . Il est possible de rattacher de nombreux courants artistiques à la consommation de psychotrope, aussi bien la musique (The Beatles, Pink Floyd, Grateful Dead,The Doors, Jimi Hendrix...) le dessin et la mode ont été ainsi influencé. Outre le LSD, le cannabis est aussi une drogue qui a été massivement consommée par les hippies. Il a été prétendu que le but de cette consommation de psychotropes est une volonté d'ouverture d'esprit et d'abolition des frontières mentales.
La plupart des hippies ont fini par abandonner leur envie de régénérer le "vieux monde" et se sont rangés dès la fin des années 1970 et le courant des années 1980. La trentaine venue, ils ont trouvé du travail, fondé une famille et se sont finalement intégrés dans la société de consommation qu'ils dénonçaient naguère . Les critiques disent souvent qu'ils se sont "embourgeoisés".[réf. nécessaire]
Toutefois, quelques irréductibles ont toujours tenu à rester fidèles aux idéaux de leur jeunesse. Les plus talentueux et les plus habiles d'entre eux ont trouvé un compromis en vivant, parfois très confortablement, de leur artisanat d'art, de leur musique, de l'agriculture biologique, ou bien encore de la pratique de médecines parallèles (dites aussi "médecines douces"). D'autres s'y sont brûlé les ailes et ont fini sans le sou au bout de la route, ravagés par les drogues dures, à l'image de certaines idoles comme Janis Joplin, Jimi Hendrix ou Jim Morrison morts d'overdose. D'autres encore ont été très marqués et diminués par des années passées, coupés du monde, dans des sectes new-age ou vaguement bouddhistes.
En Asie, les hippies ont souvent été chassés des villes avec le développement du tourisme de masse. Les autorités leur ont fait la chasse comme le raconte Charles Duchaussois dans son livre Flash.
La guerre du Vietnam : La guerre du Viêt Nam (aussi appelée deuxième guerre d'Indochine) est une guerre qui a opposé, de 1959 à 1975, la République démocratique du Viêt Nam (RDVN ou Nord-Vietnam) et le Front national pour la libération du Viêt Nam (ou Viet Cong) soutenue matériellement par le bloc de l'Est et la République populaire de Chine, à la République du Viêt Nam (RVN ou Sud-Vietnam), militairement soutenue par l'armée des États-Unis à partir de 1964, à la suite des incidents du Golfe de Tonkin appuyé par plusieurs alliés (Australie , Corée du Sud, Thaïlande, Philippines).
L’œuvre et son organisation interne : Litanies de Jehan ALAIN
La forme est très libre, affirmant une force créative jaillissante, tendue vers une quête de sincérité.
On peut y voir des élans successifs qui mènent au paroxysme final, avec une organisation en 3 moments : l'énoncé du motif fédérateur, avec ses répétitions et ses déformations/transpositions, une rupture de l'élan général avec l'introduction d'un 2 ème motif, haletant, qui alterne avec le premier, puis réaffirmation / reprise du motif initial et de l'élan jusqu'au tourbillon final.
Les altérations évoluent, sans permettre de déterminer une tonalité. L'écriture est modale, voire polymodale.
La partition ne porte pas de mouvement métronomique, la mesure n'est pas chiffrée, mais il y a tout de même des barres de mesure.
En opposition à cette forme libre, on peut parler de la forme « sonate » utilisée entre autres compositeurs par Mozart dans de nombreuses sonates pour piano dont la sonate en la mineur. Le plan de la forme sonate est : forme en 3 parties : Exposition, Développement, Ré-exposition.
Exposition : thème 1 en la min, thème 2 en Do Maj (tonalité relative de la m).
Développement : sur les 2 thèmes, modulants.
Réexposition : thème 1 en la m, thème 2 en La min.
L’œuvre et son interprétation : Litanies de Jehan ALAIN.
3 versions étudiées :
- Jean Louis GIL à l’orgue de Pithiviers (4 mn 31)
- André MARCHAL à l’orgue de St Eustache (Paris) (3 mn 58)
- Marie Claire ALAIN. CD ERATO, nom de l’orgue non précisé. (4 mn 06)
L’œuvre et ses références au passé : Musique du film « La mort aux trousses », le thème de l’amour. Référence stylistique à l’opéra « OTELLO » de Verdi. Fin de l’acte 1, duo d’amour entre Otello et Desdémone « Un bacio, un altro bacio ».
Bernard Hermann possèdait une culture musicale infaillible, et il a utilisé ici des réminiscences, une orchestration, un climat musical qui fait référence à cette fameuse scène d’amour, un amour romantique (utilisation des cordes, de la clarinette, deux accords qui s’enchaînent en mi Majeur, le premier stable, le second instable). Amour miné par le destin fatal chez Verdi (la mort des deux héros étant la conclusion chez l’un), amour au contraire non contrecarré, à l’issue de la fin du film chez Bernard Herrmann.
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