Analyse de "Purple Haze"

"Je rêve beaucoup et je mets beaucoup de mes rêves dans mes chansons, dit un jour Jimi Hendrix,  j'en ai écrit une que j'ai appelée Purple Haze après un rêve dans lequel je marchais sous la mer." Hendrix, un grand fan de science-fiction, s'est souvenu aussi d'une nouvelle de science-fiction de Philip José Farmer intitulée "Night of light" qui contient la phrase "the sky was clear but the stars seemed far away, blobs straining to pierce the purplish haze."

 


Jimi Hendrix: "Purple Haze parle de traverser un pays mythique, disons. J'aime écrire ce genre de choses. On pense toujours à la mythologie grecque mais on peut créer sa propre mythologie et faire de la fiction, du rock de science-fiction".
Chas Chandler, producteur de JH se souvient: "Hendrix commença à écrire la chanson l'après-midi du 26 décembre 1966, pour tuer le temps au Upper Cut Club (club londonien du boxeur Walker). Il a commencé à jouer le riff, et je lui ai dit "écris-moi la suite de ça!" C'est ce qu'il a fait.

 

Les détracteurs de Jimi Hendrix, quant à eux, ont vu en Purple Haze un hymne à la drogue et aux produits hallucinogènes.

 

Paroles:
Purple haze all in my brain
Lately things they don't seem the same
Atin' funny, but I don't know why,
S'cuse me while I kiss the sky.

Purple haze all around
Don't know if I'm comin' up or down,
Am I happy or misery?
What evr it is, that girl put a spell on me.
Help me!

Purple haze all in my eyes,
Don't know of it's day or night.
You got me blowin', blowin' my mind
Is it tomorrow or just the end of time?
Help me!
Purple haze...

Tell me baby, tell me
I can't go on like this
You makin' me blow my mind
No,no..., it's painful baby..., purple haze...

 

Traduction:
Une brume pourpre envahit mon cerveau
Et immédiatement les choses se transforment,
J'agis bizarrement mais je ne sais pas pourquoi,
Excuse-moi, j'embrasse le ciel.

Une brume pourpre m'entoure,
Je ne sais pas si je monte ou si je descends.
Suis-je heureux ou malheureux?
Quoi qu'il en soit, cette fille m'a ensorcelé!
Au secours...

Chorus 
(texte semblant venu d'ailleurs)

Une brume pourpre m'emplit les yeux,
Je ne sais pas si c'est le jour ou la nuit.
Tu m'as soufflé, emporté mon esprit,
Est-ce demain ou juste la fin des temps?...

 

Coda (dialogue entre le chanteur et la voix
semblant venir d'ailleurs disant "purple haze")

 

 

Introduction basique et diabolique

Saturée par la pédale d'effet Fuzz Face, la guitare superposée à la basse joue avec elle  un intervalle de quarte augmentée (triton: intervalle du diable banni au Moyen Age par l'église car, non seulement considéré comme désagréable à l'oreille, il ne correspondait pas à la vision philosophique qu'on pouvait se faire de l'univers et de son équilibre à cette époque)

Riff principal plus conséquent

 ex2 A 0'05'': alors que la basse poursuit le motif de l'introduction, la guitare, sur un motif pentatonique (mi-sol-la-si-ré), installe l'essentiel du matériau sonore.


Le chant

Après 3 accords (Mi-Sol-La) sur 2 mesures répétées, commence à 0'32 le chant, dont les 2 notes pivots sont Mi et Sol, et dont les paroles nous plongent tout de suite dans la brume pourpre  ex3

Riff transitoire


Court mais remarquable par la doublure guitare et basse, et par sa 2ème mesure qui rappelle le début du riff principal, il sépare les deux couplets et introduit le chorus  ex4

Chorus
 ex5 Il prend sa source à 1'12 dans un élan de 3 notes montantes qui imitent le début du riff principal. Le paysage harmonique paraît  changer car ces premières mesures semblent moduler vers le haut.
C'est alors que JH déclenche la pédale d'effet Octavia et, en même temps que le solo de guitare, une voix perçue comme lointaine contribue à nous faire imaginer un voyage initiatique ex6. En effet, le déroulement de la chanson jusqu'au chorus donne une progression remarquable: d'un motif minimal dans le grave, la chanson progresse en énergie et vers l'aigu grâce au chant jusqu'au chorus de guitare qui donne des élans presque incontrôlés vers l'aigu.

Reprise de la structure complète

On retrouve (sauf l'intro) le riff principal (1'35), le chant (1'52), le riff transitoire (2'09), et la grille harmonique du chorus qui sert de coda, encore plus dense, saturée de tous les éléments dont le point culminant et fascinant est ce mi aigu persistant, brillant, et vibrant comme l'oeil d'un cyclone: Hendrix
n'est-il pas cette "comète du rock qui voulait embrasser le ciel"?

 

 

Noter cette rubrique

9/10 sur 1 vote

Sélectionnez une note puis validez par "Noter"
Commentaire (0)
Aucun commentaire
Ajouter un commentaire
Vous

Votre message

Plus de smileys

champ de sécurité

 



Dernière mise à jour de cette rubrique le 13/05/2008

Créer son site web gratuit avec E-monsite.com - Signaler un contenu illicite - 123.984 ms.
Agenda Culturel - Videos Droles - Humour et Jeux - Clips musique - Faire un site web